La construction

Les terrassements

Effectués avec les moyens traditionnels de l’époque, pelles, pics, pioches, tombereaux, la terre extraite était conservée pour être remise en remblais de protection au-dessus des maçonneries. En recherchant un équilibre déblais/remblais

Les matériaux locaux sont largement utilisés : bois (sapin dans les casernements), pierre, brique.
On note une seule modification depuis l'origine : transformation par les allemands occupant le fort de 1939 à 1945 d’une chambre d’hommes de troupe en garage, (pièce située à côté de la cuisine) destiné à l'entretien de leur matériel roulant.

Le fort de Bourlémont reste le témoin de l’architecture militaire de la fin du XIXème siècle (1874-1885) dans sa plénitude.

Les constructions sont ainsi recouvertes de 3 à 7 mètres de terre. La terre remise en protection sur les dessus était tamisée sur le dernier mètre afin d’éviter les projections supplémentaires dangereuses, sous l’impact des obus.

Les déblais rocheux étaient quant à eux conservés pour réaliser la maçonnerie grossière, derrière la maçonnerie d’appareil et pour le drainage de bon nombre de mur et de voûtes.

Les maçonneries

L’ouvrage est réalisé en maçonnerie.
Les moellons et le sable provenaient des carrières locales. Le liant pour la fabrication des mortiers bâtard pour les maçonneries était de la chaux. Le ciment a servi à faire le mortier de certaines salles du casernement
Les maçonneries verticales étaient montées de façon traditionnelle.
En revanche, les voûtes étaient édifiées avec la technique du coffrages glissant.
L’épaisseur de la maçonnerie varie de 0.80 mètres à 1 mètre 20.
Les voûtes reposent sur des piédroits maçonnés de 1 mètre à 1 mètre 20 d’épaisseur.

 

 Les façades des casemates donnant sur les cours et couloirs ne sont pas imbriquées dans la construction de la voûte, contrairement à ce qui se fait en architecture courante.
Ceci dans un but bien défini: si un projectile frappait une façade, seule celle-ci s’effondrait, sans entraîner la voûte. Les personnels et matériels étaient ainsi protégés.


Photo d'une façade déplacée par explosion intérieure à la première casemate pendant la seconde guerre mondiale

Les orillons des caponnières, avec leurs créneaux de pieds et leurs créneaux de tête, présentent également une architecte originale, soulignant la qualité des compagnons maçons, quittant l'aspect sobre du maçon pour se montrer artiste dans l'art de bâtir.

On trouve au fort de Bourlémont
- des voûtes plein cintre
- des voûtes surbaissées
- des voûtes à lancettes
- des voûtes genre égyptiennes, sans cintre
- des voûtes à berceau annulaire
- des voûtes d'arêtes
- des voûtes en arc de cloître
- des voûtes à extrados en chape
- des voûtes plates
- une voûte à clé décalée et biaise.
Il est l'exemple de la quasi totalité des techniques de construction de voûtes