La construction 2

Dispositifs adoptés pour lutter contre l'humidité et systèmes d' aération
Le concepteur a apporté une grande attention à l'’humidité pour la pérennité de la construction, mais aussi pour son habitabilité :

Sur les maçonneries, au-dessus du casernement, des chapes imperméables, chargées de recueillir les eaux de pluie et de ruissellement destinées à alimenter les citernes de stockage ( nous y reviendront dans la partie  alimentation en eau ) .
Sur toutes les autres constructions voûtées la protection contre l'eau et l'humidité ruisselante est assurée par des chapes d'argile ou de ciment avec goudrons et même en mastic asphaltique, elles sont réglées suivant une série de plans inclinés 2 à 2 avec à l'aplomb des piédroits une noue sur petite voûte en maçonnerie qui écoule les eaux vers le mur du fond, puis par des descentes, zinguées ou non puis des caniveaux allant jusqu'aux galeries d'égout.
Les caniveaux étaient couverts par des grilles en fonte, sauf dans les galeries de descente vers les caponnières, fermés par des petites dalles en pierre taillée.

De nombreuses cheminées d’aération,
soit rondes, soit rectangulaires de grandes dimensions, couvertes ou non par des verrières trapézoïdales ou rectangulaires.
Dans le couloir casematé ceinturant le casernement, ces cheminées rectangulaires servent de puits de lumière particulier, une maçonnerie inclinée à 45° couverte de faïences blanches, réfléchit un peu de lumière dans la partie du couloir lui faisant face.

 

La présence de vides sanitaires :
- sous les magasins à vivre un vide sanitaire de quelque 30 cm débouchait sous les deux fenêtres

  sous les magasins à poudre ( Profil réglementaire du 22 août 1874 à Bourlémont)
- vide sanitaire classique sous le plancher double communiquant avec le dessus par des ouvertures rectangulaires dans la maçonnerie de fond, et celui-ci sous la fenêtre sous puits par l'intermédiaire de deux galeries verticales dans l'épaiseur de la maçonnerie.
- vide sanitaire spécial par un « caveau » à deux trouées parallèles de voûtes surbaissées de 1m10 sous clé séparées par un refend longitudinal, ouvert dans la chambre des lanternes, sous la plate forme de service, accessible par un escalier.

 

Dans les locaux de logement des hommes de troupe, il était indispensable de maintenir une ventilation active de façon à renouveler constamment l'air intérieur car la capacité cubique des chambres est restreinte.

Pour combattre la condensation de l'humidité de l'air, il fallait maintenir la température intérieure des locaux à au moins celle de l'extérieur en renouvelant l'air sans cesse.
En hiver le même circuit était emprunté en y chauffant l'air.
Ce système très convenable, comprenait :
- prise d'air extérieur en façade, de forme rectangulaire à hauteur supérieur des pieds droits.
- canalisation verticale dans l'épaisseur de la maçonnerie, puis horizontale en côté de chambre, jusque sous le poêle.
- calorifère à bois, double enveloppe, en coffre encastré dans le pied droit et briquette à l'intérieur de la pièce, l'air chaud débouche dans une petite noue voûtée appuyée sur les reins des voûtes des deux chambrées et séparée par une paroi centrale verticale évitant trop de déperdition.
- distribution de l'air réchauffé ou à température ambiante suivant les saisons, dans la pièce par une série d'ouvertures rondes dans la voûte de la chambrée
- sur le pied droit en face au niveau du sol, une série d'ouverture rectangulaires (d'aspiration) sont reliés à un conduit sous le sol, maçonné, débouchant dans un conduit en couloir, à géométrie variable, arrivant au pied d'une cheminée verticale de tirage.
- la cheminée de tirage ou d'appel provoquait une aspiration de l'air vicié ou non, de la chambrée; la mettant en très légère dépression ce qui permettait d'aspirer l'air chaud ou à température ambiant distribué alors par les ouvertures rondes en voûte.

Chauffage
Dans les petites pièces (prisons, locaux officiers, infirmerie officier, infirmerie hommes de troupe) étaient chauffés par des poêles classiques avec une cheminée maçonnée sur un côté de la pièce.
Dans les logements hommes de troupe, voir ci avant avec aération

Couchage
Les lits hommes de troupe (pour 4) étaient installés dans les chambre de 36 hommes, 4 côté «  poêle » , 5 en face.

 Eclairage de nuit ou après blindage des portes et fenêtres.

 L'installation de groupes électrogènes n'apparut que fin octobre 1913 (Verdun) et l'électrification qu'à partir de 1915

- Dans les vestibules et la chambre d'éclairage des magasins à poudre, isolées et séparées du magasin par des vitres de 19 mm d'épaisseur, les lampes à huile étaient particulières.

 

 

 

 

 

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