Conception du projet

 

Conception du projet 1873-1877

 

Après l'inefficacité du « comité des fortifications » créé par la loi du 10 juillet 1771,
le général DUCROT dépose un projet de loi le 3 mai 1872 relatif à la création du « Comité de Défense » (1872-1888) approuvé par décret présidentiel le 28 juin 1872, dont le général Séré de Rivières, membre dés l'origine fut désigné Secrétaire.

Compte tenu de l'ampleur de la tâche à assumer, le comité crée un groupe de travail dit « Sous commission de Défense » présidée par le maréchal CANROBERT avec 7 membres dont le général Séré de Rivières.

Cette sous commission est plus spécialement chargée de l'étude des ouvrages et de leur implantation en liaison directe avec les Inspecteurs Généraux de l' Artillerie et du Génie, les chefferies du Génie ... Le site est en principe défini par le général Séré de Rivières.

 

 

On note pour Bourlémont :

1 l'ordre d'étude du site le 14 avril 1877
2 l'approbation du projet d'exécution par le Ministre de la Défense le 11 février 1878
3 le lancement de l'adjudication le 12 mars 1878
4 le décret déclaratif d'utilité publique et d'urgence le 23 mars 1878
5 l'approbation du projet d'exécution par le Directeur supérieur les 17 juillet 1878 et 19 avril 1879
6 le commencement des travaux le 15 juillet 1878
7 la fin des travaux le 15 juillet 1881
8 l'estimation de 2 millions de francs or
- terrains 39 000
- travaux 1 961 000

Concernant l’achat des terrains nécessaires, la procédure fut la suivante : la chefferie de Commercy soumet le projet, non classé secret défense au ministre de la guerre, qui approuve le 11 juillet 1878.
Une commission d’expertise, composée d’un agent de l’ Etat, d’un agent des Ponts et Chaussée, d’un agent militaire ainsi que des maires des communes concernées est nommée : elle est chargée de fixer la valeur des terres et les indemnités de d'expropriation.
Un accord à l’amiable est généralement trouvé avec les communes.

L’expropriation pure et simple est déclarée, en vertu des lois du 30 mars 1831 et du 3 mai 1841 (expropriation en cas d’urgence). Le tribunal civil de Neufchâteau fixe le montant des indemnités en dernier ressort

Les expropriations concernent les communes de Mont-les-Neufchâteau, Rouceux et Noncourt d'une part, d'autre part le prince d’Hénin fut également dépossédé de quelques parcelles.
Les intéressés devaient faire connaître leur prétention dans un délai de 8 jours.
Le préfet est chargé de faire paraître un avis de l’offre accordée aux communes dans la presse locale . Quant aux maires, ils sont tenus d’afficher ce même avis sur la porte de la mairie et sur la porte de l’église, pendant 8 jours.
Pour le maire de Mont-les-Neufchâteau il fut tenu de l’afficher du 1er au 9 décembre 1878.

Plan de situation

Les acquisitions se sont faites en deux temps:
-en 1878, acquisition des terrains nécessaires à la construction du fort et de sa route d’accès.
-en 1883, les déboisements se poursuivent, afin d’accroître champ de tir et champ de vision du télégraphe optique.

L’enveloppe budgétaire prévue s’élevait à
2 000 000 francs-or.
Par manque de moyens financiers,elle fut ramené à un montant de 1 700 000 francs-or:
la batterie, plus prés du château de Bourlémont n’a pu être réalisée.

Les travaux confiés à l’entreprise Petit et Marey de Neufchâteau, utilisèrent des centaines d’ouvriers bâtisseurs, souvent immigrés. ( on parle même de 2000 à 3000 suivant les phases d'exécution).

Les pierres proviennent essentiellement des carrières locales de Fréville et du lieu-dit les Rapailles, sur le territoire communal de Mont et ouvertes à cet effet. Elles étaient acheminées jusqu’au fort par chariots à chevaux et par un petit train à crémaillère entre le village et l'entrée du fort.
Un arrêté préfectoral du 11 juin 1878 autorise les entrepreneurs à établir une conduite pour recueillir les eaux nécessaires à la construction et l'implantation de ce petit train, dont la voie ferrée a aujourd’hui disparu, (mais la trace en reste visible).

 

Les conflits autour du foncier

 

La construction du fort a nécessité l’expropriation de nombreuses terres mais aussi l’occupation de terrains pour l’établissement d’une voie ferrée et d’un plan incliné, indispensable pour le transport des matériaux.

 

 

Ces expropriations ont posé le problème des indemnités, et ce d’autant plus que la procédure a parfois révélé des irrégularités sur le cadastre. Ainsi, en 1879, on découvre qu’une parcelle rachetée à Rouceux appartient en fait à Mont-les-Neufchâteau.
Ces réquisitions privent non seulement les habitants de leur terre, mais aussi de certains chemins, notamment forestiers.

 

 

Ainsi le 19 juillet 1878, le conseil municipal de Mont-les-Neufchâteau demande à ce que les habitants puissent emprunter la route d’accès au fort pour rentrer les affouages.

 

 

Si cette réclamation est acceptée par le Préfet, la commune se doit toutefois de participer à l’entretien de la route :
les dépenses sont ainsi partagées entre l’Etat, le Département et la commune. Cette dernière doit verser 25 francs par an. En raison de ce droit de passage, le conseil d’arrondissement ne voyait aucune utilité à ce que le chemin soit classé d’utilité stratégique (18 août 1880), classement souhaité par le ministère de la guerre.

 

 

Le 20 août 1880, le conseil général des Vosges décide toutefois du classement de ce chemin en deuxième catégorie d’intérêt commun dans la voirie communale, soulage ainsi la commune de Mont-les-Neufchâteau de sa charge jusqu'à l'entrée du domaine militaire.

 

 

Enfin, l’ Etat s’engage à prendre en charge la réfection des chemins qui auraient été utilisés pour les travaux et abîmés.